Châssis d'enfleurage
Science et technique
Création / Conception
Exécution / Réalisation
XIXe siècle , France
Utilisation
XIXe siècle : Date de début , Grasse- XXe siècle
Châssis d'enfleurage : plaque de verre rectangulaire enserrée dans la partie médiane d'un cadre en bois à parois intérieures obliques, où une faillure est aménagée pour recevoir la vitre. Assemblage à tenons et mortaises. La partie vitrée reçoit la couche de corps préparé. Des traces de graisse raclée sont encore visibles sous la vitre.
L'enfleurage est la première technique employée en parfumerie. Ce procédé parmi les plus anciens repose sur le pouvoir des corps gras d'absorber les substances odorantes. Il apparaît au XVIIe siècle en France méridionale où la fabrication des matières premières de parfumerie évolue vers une forme industrielle. Elle fit la renommée de Grasse dès le XVIIIe siècle. L'enfleurage à froid fit une timide apparition à Grasse au début du XIXe siècle puis devint un véritable monopole grassois un demi-siècle plus tard. Jusqu'en 1895 la totalité des fleurs est traitée par distillation ou enfleurage selon leur nature. Puis apparaît l'extraction par les dissolvants hydrocarbures qui utilise une part des fleurs de plus en plus importante. Les produits d'enfleurage ont maintenu leur succès pendant les premières décennies du XXe siècle dans plusieurs usines grassoises Chiris, Lautier, Payan-Bertrand, Robertet, Roure et Sozio. Matières premières utilisées : fleurs fraîches et intactes de jasmin, de tubéreuse, de violette (Parme et Victoria). Les techniques de cueillette des plantes aromatiques peuvent varier considérablement. Les fleurs de jasmin sont cueillies bien épanouies dès le lever du soleil ; la tubéreuse, lorsque la fleur est encore en bouton. Principe de fonctionnement : le "Corps Préparé" est un mélange de graisse de porc (saindoux), corps mou, pour 70% et de boeuf (suif), corps dur, pour 30%). Le "Corps Préparé" est additionné d'un antioxydant naturel, le benjoin Siam et affiné par une infusion de fleurs d'oranger. La fusion du "Corps Préparé" a lieu dans des chaudrons en cuivre sur fourneau à bois, suivie d'une filtration à chaud. Cette préparation est effectuée en période hivernale de préférence. Empâtage, striage, enfleurage, défleurage et dépatage : le travail commençait par l'"empâtage", étalement d'une couche de "Corps Préparé" d'environ 350 grammes sur un "Châssis", (plaque de verre de 50 à 60 cm de côté enserrée dans un cadre de bois). La graisse, était ensuite "striée" avec un outil en forme de peigne en bois ou métallique. Puis on étendait sur chaque châssis une poignée de fleurs préalablement triées et vannées, car il était indispensable d'éliminer les fleurs abîmées ou humides, de même que les petits débris de feuilles vertes. Les châssis étaient entassés les uns sur les autres, par piles de 37 unités et laissés au repos 48 heures pour le jasmin, 72 heures pour la tubéreuse. Ce temps passé, on reprenait les châssis un par un. En les tapotant sur une table on faisait tomber une grande partie des fleurs. Celles qui avaient adhéré à la graisse étaient enlevées à la main du bout des doigts. Il faut environ 100 jours pour que chaque kilo de graisse ait reçu la quantité totale de fleurs nécessaire, soit 2,5kgs pour le jasmin et 2kgs pour la tubéreuse. Une fois saturée de parfum, la graisse était retirée des châssis avec une raclette de métal. Les pommades aux fleurs ainsi obtenues étaient souvent commercialisées en l'état après conservation indispensable dans des caves fraîches. Les absolues de pommades, étaient obtenues par lavages à l'alcool éthylique de la graisse parfumée dans des batteuses, les lavages étant ensuite glacés, filtrés et évaporés sous vide. Les fleurs retirées des châssis étaient ensuite traitées à l'éther de pétrole et le produit obtenu, lavé à l'alcool comme une concrète pour fournir une absolue de châssis.
Châssis en bois et verre assemblés
Longueur en cm : 55
Largeur en cm : 44,6
Epaisseur en cm : 4,4
Poids en g : 2520
Largeur en cm : 44,6
Epaisseur en cm : 4,4
Poids en g : 2520


